Des chercheurs ont constaté que les personnes qui adoptent des comportements altruistes semblent plus résistants à la douleur physique. "Les données scientifiques collectées au cours des deux dernières décennies ont montré comment l’amour, ou son absence, modifie fondamentalement notre physiologie et la régulation d’un ensemble de substances biochimiques, substances qui peuvent même influencer la façon dont nos gènes s’expriment au sein de nos cellules" écrit Mathieu Ricard dans son ouvrage - Plaidoyer pour l’altruisme.

Définition
L'altruisme est le principe et la pratique morale du souci du bonheur des autres êtres humains ou animaux, résultant en une qualité de vie à la fois matérielle et spirituelle. C'est une vertu traditionnelle dans de nombreuses cultures et un aspect central de diverses traditions religieuses et visions du monde laïques, bien que le concept "d'autres" vers qui les préoccupations devraient être orientées puisse varier selon les cultures.
Un acte héroïque comme le sauvetage d'une vie humaine ou d'un être vivant parfois au péril de la propre vie du sauveteur bénévole, une succession d'actes ou de services quotidiens sans rien attendre en retour, une manifestation d'un amour désintéressé envers un autrui inconnu. Ce type d'acte est qualifié parfois de philanthropique, c'est-à-dire exprimant le souhait qu'autrui trouve ce qui peut lui être inaccessible, accessoirement un bonheur, matérialisé ou instrumentalisé grâce à des fondations ou des institutions. Le terme altruisme peut être considéré comme antinomique d'égoïsme.

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Ce terme est parfois dévoyé vers le sens d'empathie ou réduit le plus souvent à la simple générosité du donateur, mais l'altruisme est d'abord une générosité libre et gratuite, libérée des contraintes, des ordres et des hiérarchies sociales au point de s'afficher contre l'ordre dominant d'essence politique et/ou religieuse, que ce dernier soit corrompu ou que ses valeurs fondatrices soient diluées et évanescentes au sein d'institutions plus ou moins bureaucratisées ou arriérées.
Dans un cas extrême, l'altruisme peut devenir synonyme d'oubli de soi, voir mener au sacrifice complet.

L’altruisme est-il inscrit dans la nature?
On sait qu’il existe des parasites qui peuvent conduire des animaux à commettre des actions dangereuses, voire suicidaires. Pourrait-il en exister qui, à l’inverse, conduisent à des comportements généreux, altruistes ? L’exemple le plus troublant est celui du Toxoplasma gondii, qui "manipule" le cerveau des souris au point où elles vont se rapprocher des chats. Comportement suicidaire, puisque le chat mange la souris... et le parasite se reproduit ensuite grâce aux crottes des chats. Or, on observe aussi dans la nature des comportements altruistes, qui semblent contraires à la logique de l’animal qui cherche à maximiser ses chances de survie.
Se pourrait-il qu’il y ait un parasite en arrière-plan ? C’est la question que se sont posée deux biologistes et un informaticien de l’Université de Tel-Aviv. À partir d’un modèle mathématique, ils concluent que la présence de microbes transmissibles connus pour la coopération entre leurs communautés, contribuerait effectivement à favoriser les comportements altruistes chez les animaux qui les accueillent. Il s’agit d’une simulation, donc d’un modèle virtuel: la preuve que ces microbes "communautaires" manipulent leurs hôtes pour assurer leur propre survie reste donc à faire. Mais dans leur modèle, à la fin de la simulation, les animaux porteurs des microbes "altruistes" étaient devenus dominants.

L’altruisme chez l'être humain
S’engager dans des comportements altruistes est personnellement coûteux, mais ces démarches semblent influencer notre santé de manière positive. Des recherches antérieures ont par exemple suggéré que le fait d’aider les autres sans rien attendre en retour entraîne la libération dans le cerveau de produits chimiques tels que la dopamine, qui renforcent le sentiment de bien-être. Mais ce n’est pas tout. Selon une nouvelle étude, faire preuve d’altruisme pourrait également atténuer la sensation de douleur.

L’altruisme comme analgésique
Dans le cadre de ces travaux, publiés dans les Actes de l’Académie nationale des sciences, des chercheurs du Laboratoire de santé comportementale et mentale de l’Université de Pékin (Chine) ont mené quatre expériences. Au cours de la première expérience, ils ont interrogé deux groupes de personnes qui donnaient leur sang dans le but d’évaluer leur réponse à la douleur de la piqûre. Les personnes du premier groupe avaient fait la démarche juste après un tremblement de terre, tandis que les autres ont donné leur sang en l’absence de catastrophes récentes. Selon les chercheurs, les personnes du premier groupe ont rapporté une sensation de douleur plus faible que les personnes du second groupe.
Dans le cadre de la seconde expérience, deux groupes de personnes ont aidé des enfants migrants à réviser un manuel scolaire tout en étant exposés au froid. Les personnes du premier groupe s’étaient portées volontaires, et les autres non. Là encore, les personnes du premier groupe ont rapporté moins d’inconfort aux températures que les personnes du second groupe.
Pour la troisième expérience, les chercheurs ont demandé à des patients souffrant d’un cancer de cuisiner et de faire le ménage soit pour d’autres patients malades, soit pour eux-mêmes Résultat: celles et ceux qui ont aidé les autres ont rapporté moins de douleurs physiques inhérentes à leur maladie.
Enfin, pour la dernière expérience, les chercheurs ont proposé à des personnes de donner de l’argent pour aider des orphelins. Certaines ont accepté et d’autres non. Chacune de ces personnes a ensuite passé une IRM tout en subissant des décharges électriques. Les chercheurs rapportent alors que celles et ceux qui avaient donné ont montré moins de réponse cérébrale au choc que ceux qui ont refusé de donner. Ils ont également constaté que plus un bénévole estimait que son don avait aidé les orphelins, moins il réagissait au choc électrique.

Pour conclure
Nous trouvons donc des preuves comportementales et neurales cohérentes selon lesquelles, dans des situations physiquement menaçantes, agir de façon altruiste peut soulager les sentiments douloureux des êtres humains, concluent les chercheurs. Ces résultats mettent en lumière les mécanismes psychologiques et biologiques qui sous-tendent le comportement pro-social humain. Ils fournissent également des informations pratiques sur la gestion de la douleur. Alors n'hésitez pas vous aussi, à oser aider quelqu'un, une personne, une association, une idée à avancer, vous investir gratuitement dans ce genre de comportement est clairement bénéfique à votre bien-être. Il n'est pas question d'actes spectaculaires, ou couteux mais juste de semer la graine de votre action positive et gratuite pour le bien de quelqu'un d'autre...

Sources: sciencepost.fr - sciencepresse.qc.ca