Voici une métaphore illustrant très bien une situation de souffrance et que bien des fois en voulant assister, aider, intervenant à la place de quelqu'un, ce n'est finalement pas réellement une aide...
Un homme observe par sa fenêtre un cocon suspendu à une petite branche, il brille à travers le rayonnement du soleil. Le regardant de plus près, il s’aperçoit que quelque chose bouge, et apparaît peu à peu à sa surface. Un tout petit papillon est en train d’éclore, essayant de sortir du cocon par un tout petit trou, pour enfin voir le jour.

L’homme constate que ce tout petit papillon a vraiment de la peine à briser et sortir de son cocon, il est tout frêle, avec ses ailes presque transparentes et encore toutes engluées. Après un long moment, le papillon semblait faiblir et lui donnait l’impression qu’il allait abandonner. L’homme était convaincu que le jeune papillon avait fait tout ce qu'il pouvait pour sortir de sa chrysalide, sans succès. Alors, il décida de l’aider: il prit un canif et ouvrit le cocon.
Le papillon sortit aussitôt mais son corps était maigre, faible et engourdi, ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L'homme continua à l'observer, pensant que d'un moment à l'autre, les ailes du papillon s'ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu'il puisse prendre son envol.

Il n'en fut rien !
Et le pauvre papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.

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Ce que l'homme, avec son geste de gentillesse et ses bonnes intentions, ne comprenait pas, c'est que le passage par le trou étroit du cocon est un stade indispensable qui permet au papillon de se renforcer suffisamment pour sortir de façon autonome du cocon qui l’enveloppait. Cet effort est vital pour que le papillon puisse développer ses ailes pour pouvoir voler.

Il nous arrive à tous de nous trouver dans notre "cocon" ou de voir nos amis dans cette même situation symbolique. Enveloppé dans des "soucis", "épreuves" et "problèmes", nous pouvons tous en ressortir plus forts. Parfois nous voulons, avec toutes les bonnes intentions du monde, porter le fardeau des autres ou trouver les solutions pour les autres. Si, bien entendu, ceci est motivé par l’amour qui vous anime, l’épreuve devra quoi qu’il soit être surmontée par la personne que vous voulez aider ou soutenir. Vous ne pourrez jamais le faire pour l'autre. Vous ne pourrez jamais prendre la place de l'autre.

Aussi douloureuse que soit l’expérience, elle renforce toujours ceux qui la surmonte ! Nous sommes tous témoins de ce principe fondamental: nous avons tous nos plaies de la vie et elles témoignent que nous avons gagné des batailles ! Nous sommes tous capables de sortir de notre cocon ! Cette étape douloureuse est indispensable au papillon: lorsqu’il casse avec tant de difficultés son cocon, il mobilise des forces en lui qui sont les seules à permettre aux ailes de se déployer et de se décoller totalement. Au prix de ces immenses efforts, le petit papillon se fortifie et apprend, en même temps qu’il arrive au monde, à déployer ses ailes pour bientôt voler. Briser le cocon n'est pas aider le papillon, mais le condamne à une mort certaine: les ailes non décollées resteraient trop fragiles pour se déployer, et le petit papillon resterait à l’agonie.

Au final, ce sont les personnes concernées qui vont devoir eux-mêmes se sortir de ce qui les touchent. Pensez à toutes vos adversités... C'est vous qui avez dû les surmonter, leur donner du sens, traverser un champs de diverses émotions et humeurs, surmonter le découragement... Et au final, lorsque vous avez mené ce combat, vous en êtes sortis plus fort et parfois, avec le recul, une fois l'épreuve surmontée ne vous est-il jamais arrivé de penser "au fond... ce n'était pas si dur que ça..."
Ce qui vous a formé, rendu plus forts, c'est le travail que vous avez dû fournir pour vaincre, ou donner du sens à cette épreuve.
Au mieux, nous pouvons encourager, motiver, soutenir, offrir notre présence...